découvrez le fonctionnement de l’écran de cantonnement vitré, ses avantages et ses applications pour limiter la propagation des fumées et renforcer la sécurité incendie.

Écran de cantonnement vitré : fonctionnement et applications en sécurité

Dans un atrium lumineux, un entrepôt ou un hall de gare, le verre laisse circuler les regards et la lumière. Mais en cas d’incendie, un écran de cantonnement vitré ne sert pas seulement à préserver cette sensation d’espace : placé en hauteur, il forme une barrière qui limite le déplacement des fumées et facilite leur gestion par le désenfumage.

Ce dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurité incendie. En canalisant les fumées, il peut contribuer à maintenir une zone plus favorable à l’évacuation, à rendre les cheminements plus lisibles et à faciliter l’intervention des secours. Son efficacité dépend toutefois de son emplacement, de ses performances et de son intégration au bâtiment : une paroi transparente n’est pas, à elle seule, une garantie de protection des personnes.

Des repères réglementaires aux choix d’installation, voici comment comprendre le fonctionnement de ces écrans et les situations où ils trouvent leur place. Car dans les grands volumes, un compartimentage bien pensé peut faire une réelle différence lorsque chaque minute compte.

L’article en bref

Presque invisible au quotidien, l’écran vitré devient un repère essentiel lorsque la fumée menace de gagner un grand espace. Son rôle, ses critères de conception et ses usages méritent d’être compris avant tout projet.

  • Un rôle précis : Le dispositif canalise les fumées et accompagne leur évacuation.
  • Des espaces concernés : Atriums, entrepôts et bâtiments tertiaires peuvent en bénéficier.
  • Des règles à vérifier : Dimensions et performances dépendent du type de bâtiment.
  • Une intégration réfléchie : Implantation et désenfumage doivent être conçus ensemble.

Bien choisi et correctement installé, il associe transparence architecturale et stratégie de sécurité incendie.

Écran de cantonnement vitré : comment fonctionne-t-il face aux fumées ?

Lors d’un incendie, les fumées et les gaz chauds montent et se déplacent sous la toiture ou le plafond. Installé en hauteur, l’écran de cantonnement vitré crée une limite verticale qui retient et canalise leur progression dans une zone définie, appelée canton de désenfumage.

Cette organisation aide les systèmes de désenfumage à extraire les fumées et peut préserver, en dessous, une hauteur libre plus favorable à l’évacuation. Dans un centre commercial fictif, par exemple, des écrans au-dessus d’un atrium peuvent contribuer à empêcher la fumée de se répandre immédiatement vers les circulations adjacentes. Le dispositif ne remplace ni les issues de secours ni les autres équipements de protection : il complète une stratégie globale.

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Comprendre les hauteurs et les cantons de désenfumage

Le dimensionnement s’appuie sur plusieurs repères. S désigne la surface au sol du local ou du canton, tandis que H correspond à la hauteur de référence, calculée à partir des hauteurs la plus élevée et la plus basse de la couverture, du plancher haut ou du plafond suspendu.

H’ désigne la hauteur libre de fumée, c’est-à-dire la zone située sous l’écran ou, en l’absence d’écran, sous la couche de fumée, qui doit rester compatible avec l’usage des lieux. L’épaisseur de fumée (Ef) correspond à la différence entre H et H’. Ces notions permettent aux concepteurs d’évaluer le volume disponible et de coordonner les écrans avec l’extraction des fumées.

Réglementation incendie : dimensions des cantons et critères à examiner

Pour les ERP et les ERT, les repères communément associés à l’article 7.1.2 de l’IT 246 indiquent que les locaux de plus de 2 000 m² ou de plus de 60 mètres de longueur sont découpés en cantons de désenfumage aussi équilibrés que possible. Leur superficie maximale est de 1 600 m², leur longueur ne dépasse pas 60 mètres et, dans la mesure du possible, leur surface n’est pas inférieure à 1 000 m².

Les limites sont formées par des écrans de cantonnement ou par la configuration du local et de la toiture. Pour les bâtiments relevant du régime des ICPE, les données de référence diffèrent : les cellules de stockage sont divisées en cantons de 1 650 m² au maximum et de 60 mètres de longueur maximale. Les exigences applicables doivent être confirmées selon l’activité, le classement et les textes en vigueur pour le projet.

Point à vérifier Repère fourni Pourquoi c’est important
Locaux ERP et ERT Découpage concerné au-delà de 2 000 m² ou de 60 m de longueur Détermine si des cantons de désenfumage sont à prévoir
Surface d’un canton ERP/ERT Maximum 1 600 m² ; 1 000 m² si possible comme minimum Contribue à organiser le confinement des fumées
Longueur d’un canton Maximum 60 m Évite la création de cantons trop étirés
Cellules de stockage ICPE Maximum 1 650 m² et 60 m de longueur Cadre distinct à examiner selon le site
Écran en cellule ICPE Stabilité au feu d’un quart d’heure et hauteur minimale de 1 m La position par rapport au stockage compte aussi

Dans les cellules ICPE mentionnées, la distance entre le point bas de l’écran et le point le plus proche du stockage doit être d’au moins 0,5 mètre. Ces repères ne remplacent pas l’analyse réglementaire du bâtiment : plans, activité, système de désenfumage et prescriptions applicables doivent être étudiés ensemble.

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Stabilité au feu et réaction au feu : deux critères différents

La stabilité au feu concerne la durée pendant laquelle l’écran conserve sa fonction dans les conditions prévues. Les données de l’IT 246 évoquent des écrans fixes ou mobiles, rigides ou flexibles, stables au feu un quart d’heure, également désigné DH 30 dans les éléments de référence fournis.

La réaction au feu décrit, elle, la manière dont les matériaux contribuent au développement du feu. Les catégories citées comprennent M1 ou la classe européenne B-s3,d0, selon les exigences applicables au système. Ces classifications ne sont pas interchangeables : la conformité doit être vérifiée à partir des justificatifs du produit complet et des prescriptions du projet.

Où installer un écran de cantonnement vitré ?

La transparence du vitrage est particulièrement utile lorsque le bâtiment doit conserver une impression d’ouverture et une bonne continuité visuelle. Les atriums, halls d’accueil, galeries commerciales, aéroports, parkings à niveaux, ateliers et entrepôts figurent parmi les espaces où la maîtrise des fumées peut jouer un rôle important.

Dans des bâtiments tertiaires, un écran peut par exemple séparer en hauteur un hall central des circulations qui le bordent, tout en préservant la lumière naturelle. Le choix du verre et de ses fixations doit toutefois correspondre aux performances attendues : seule une solution évaluée pour l’usage prévu permet de concilier intégration architecturale et protection des personnes.

Fixe ou mobile : choisir selon les contraintes du bâtiment

Un écran fixe reste en place et forme une limite permanente. Un écran mobile, associé à un dispositif actionné de sécurité (DAS), peut se déployer en cas de besoin selon la conception du système. Le choix dépend notamment de la configuration du plafond, de l’usage des lieux et de la stratégie de désenfumage.

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Avant de retenir une solution, les équipes de conception et d’installation peuvent vérifier plusieurs points concrets :

  • La géométrie des lieux : surface, longueur, hauteur et forme de la couverture.
  • Le scénario de fumée : position des écrans et coordination avec les exutoires.
  • Les performances documentées : stabilité au feu et classement de réaction au feu du système.
  • Les interfaces de pose : supports, fixations, joints et éventuelles contraintes d’entretien.
  • Le cadre réglementaire : classement du bâtiment et exigences propres à son activité.

Un écran transparent ne doit donc pas être choisi sur son seul aspect esthétique. Dans un hall rénové, par exemple, une modification de toiture ou de cloisonnement peut changer le mouvement des fumées : l’étude de sécurité doit accompagner le projet dès sa conception.

Installation et coordination avec le compartimentage

Le cantonnement et le compartimentage répondent à des objectifs liés, mais distincts. Le premier organise le déplacement des fumées en hauteur ; le second vise à limiter la propagation d’un incendie entre différentes parties du bâtiment. Leur articulation doit être étudiée avec les parois, la toiture, les circulations et les dispositifs de désenfumage.

Dans un projet de rénovation, le fil conducteur reste simple : dessiner les zones, déterminer où la fumée peut s’accumuler, puis vérifier que les écrans et les équipements d’extraction fonctionnent ensemble. Cette coordination évite qu’un élément architectural, une nouvelle cloison ou un aménagement de stockage ne réduise l’efficacité du dispositif prévu.

À quoi sert un écran de cantonnement vitré ?

Il forme une barrière en hauteur qui limite et canalise les fumées dans une zone déterminée. Intégré au dispositif de désenfumage, il peut contribuer à préserver des cheminements plus favorables à l’évacuation.

Dans quels bâtiments peut-on en installer ?

On peut en rencontrer dans des atriums, des bâtiments tertiaires, des centres commerciaux, des entrepôts, des ateliers, des aéroports ou des parkings. La pertinence de la solution dépend de l’analyse du bâtiment et de ses exigences de sécurité incendie.

Quelle est la différence entre un écran fixe et un écran mobile ?

Un écran fixe reste en position permanente. Un écran mobile, généralement associé à un dispositif actionné de sécurité, se déploie selon le fonctionnement prévu par le système et doit répondre aux exigences du projet.

La transparence du verre garantit-elle la conformité ?

Non. La transparence décrit un choix architectural, mais la conformité dépend des performances documentées de l’ensemble, de son installation et du respect de la réglementation incendie applicable au bâtiment.

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